Les conditions pour accéder à la profession
Conditions de nationalité
Vous pouvez accéder à la profession d’avocat si vous êtes :
- Français
- ou ressortissant d’un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen,
- ou ressortissant d’un État accordant la réciprocité aux Français souhaitant exercer dans ce pays,
- ou réfugié ou apatride reconnu par l’OFPRA.
Conditions de moralité
Certaines condamnations pénales ou sanctions disciplinaires sont incompatibles avec l’exercice de la profession d’avocat. Vous devez donc :
- ne pas avoir été condamné pour des faits contraires à l’honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs,
- ne pas avoir fait l’objet de sanctions disciplinaires ou administratives graves (destitution, révocation, radiation, retrait d’agrément…),
- ne pas avoir fait l’objet de faillite personnelle ou d’interdiction de gérer prévue par le code de commerce.
Le parcours « classique » : études de droit, CRFPA, école d’avocats
Les études de droit et le diplôme désormais requis
Le parcours commence à l’université :
Licence de droit (Bac +3)
Après le baccalauréat, la voie la plus courante est de suivre une licence de droit à l’université.
Master en droit (Bac +5)
La licence est suivie d’un Master en droit (Master 1 puis Master 2), au cours duquel l’étudiant choisit souvent un domaine de spécialisation (droit privé, droit public, droit des affaires, droit pénal, etc.).
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la loi prévoit que la profession d’avocat est en principe réservée aux titulaires d’un Master 2 en droit (ou d’un titre ou diplôme reconnu comme équivalent par l’arrêté du 31 décembre 2024) et du CAPA.
Pour passer l’examen d’entrée à l’école d’avocats (CRFPA), il suffit d’avoir validé au minimum une première année de Master en droit (Master 1 – Bac +4) ou un diplôme reconnu équivalent par les textes en vigueur.
En pratique, beaucoup d’étudiants passent l’examen d’entrée au CRFPA à la fin du Master 1, puis obtiennent leur Master 2 en parallèle ou après la formation en école d’avocats, avant de demander leur inscription au barreau.
L’examen d’entrée au CRFPA (« pré-CAPA »)
L’accès à l’école d’avocats se fait par un examen d’entrée organisé au sein d’un Centre régional de formation professionnelle d’avocats (CRFPA).
Cet examen est préparé en général au sein d’un Institut d’études judiciaires (IEJ) rattaché à une université.
Pour s’inscrire à cet examen, il faut désormais :
- avoir obtenu les 60 premiers crédits d’un Master en droit (niveau Master 1),
- ou détenir un titre ou diplôme reconnu comme équivalent par l’arrêté du 31 décembre 2024.
Même si l’examen est accessible avec un Master 1, vous devrez obligatoirement justifier d’un Master 2 en droit pour devenir avocat et demander votre inscription au barreau.
La formation en école d’avocats
La formation dure 18 mois et se déroule en trois grandes périodes :
- Période de cours
- Projet pédagogique individuel (PPI)
Il s’agit d’une période de stage ou de formation en dehors d’un cabinet d’avocats en France. - Stage en cabinet d’avocats
Le CAPA, le serment et l’inscription au barreau
À l’issue de cette formation de 18 mois, l’élève-avocat passe le Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA) : c’est le diplôme professionnel qui permet d’accéder à la profession.
Une fois le CAPA obtenu, le futur avocat doit :
- Prêter serment devant la Cour d’appel, en s’engageant à « Exercer ses fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité. »
- Demander son inscription au tableau d’un barreau.
Le conseil de l’Ordre vérifie alors que toutes les conditions (nationalité, moralité, diplôme, CAPA) sont réunies.
Une formation qui se poursuit toute la carrière
La profession est soumise à une formation continue obligatoire : chaque avocat doit se former régulièrement pour maintenir son niveau de compétence, suivre les réformes législatives et réglementaires, et se spécialiser si nécessaire.
Les autres voies d’accès : dispenses et intégrations
Outre le parcours « classique », certains professionnels peuvent accéder à la profession d’avocat par des voies spécifiques, sous conditions de diplôme et d’expérience.
Sont notamment concernés, dans certains cas :
- certains professionnels du droit réglementés : notaires, anciens huissiers de justice, administrateurs judiciaires, mandataires judiciaires, conseils en propriété industrielle, etc. ;
- des enseignants-chercheurs en droit ou en sciences économiques (maîtres de conférences, professeurs) ;
- des juristes d’entreprise ou de groupe, après plusieurs années de fonctions juridiques ;
- des fonctionnaires de catégorie A exerçant des fonctions à dominante juridique ;
- des juristes salariés de cabinets d’avocats, d’associations ou sociétés d’avocats ;
- des juristes d’organisations syndicales ou de certaines institutions.
Ces professionnels peuvent, dans certains cas, être :
- dispensés de la formation en école d’avocats,
- et/ou dispensés du CAPA,
mais ils doivent déposer un dossier, remplir des conditions d’ancienneté et, le cas échéant, réussir un examen spécifique (notamment en déontologie).
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, même dans ces voies dérogatoires, la règle de base reste la même : il faut justifier d’un Master 2 en droit ou d’un titre ou diplôme reconnu comme équivalent pour pouvoir être inscrit à un barreau, sauf cas transitoires limités (personnes ayant déjà réussi le CRFPA ou le CAPA avant cette date).