L’État de droit au cœur de la rentrée solennelle du barreau de Dijon

Réunis ce jeudi 20 novembre en la Salle des États, les avocats du barreau de Dijon ont tenu leur traditionnelle rentrée solennelle. Une cérémonie placée sous le signe de la gravité face aux menaces pesant sur les libertés publiques.

Les interventions de la soirée ont convergé vers un constat inquiet. L’invité d’honneur, Me Patrice Spinosi, a rappelé le rôle de « sentinelle » de l’avocat face aux régimes illibéraux, tandis que le jeune lauréat de la Conférence, Me Nicolas Bensa, a plaidé pour le retour à l’éducation face au climat anxiogène entretenu par l’actualité.

La charge de la Bâtonnière contre la dérive législative

En clôture de l’audience, Madame le Bâtonnier Anne Geslain a porté la voix institutionnelle de l’Ordre pour dénoncer fermement les récents textes de loi. Elle a ciblé deux réformes qualifiées de véritables « naufrages » juridiques :

  • Le décret Rivage, critiqué pour la restriction considérable qu’il impose au droit d’appel.

  • La loi « Sure » (sanction utile, rapide et effective), dont elle fustige le durcissement inédit. Pour la Bâtonnière, ce texte « met à mal le principe d’individualisation des peines », pierre angulaire de la justice pénale.

Ce combat pour les droits de la défense marquera la fin de son mandat, mené aux côtés de la vice-bâtonnière Florence Lhéritier. Ces dossiers seront transmis dès le 1er janvier à la nouvelle gouvernance élue : le Bâtonnier François-Xavier Mignot et sa vice-bâtonnière, Alexia Gire.